Réfléchir à la fin

Directives anticipées

 

Ce mois de février aura vu fleurir dans les médias et sur les réseaux sociaux des appels à réfléchir à sa fin de vie. Ce dont je me réjouis vraiment à titre personnel même si je sais que pour beaucoup de personnes c’est criminel ne serait-ce que d’aborder le sujet tellement ça génère d’angoisse pour eux.

Néanmoins, pour moi, c’est comme le don d’organe, pour tout le monde, pour soi mais aussi pour son entourage (et pour les équipes soignantes), c’est beaucoup plus facile si la question doit se poser un jour d’y avoir réfléchi avant et d’avoir dit sa volonté. Ça enlève aussi un poids à un entourage déjà affligé par la peine immense. Et ce n’est pas parce qu’on y réfléchit que le pire va forcément advenir (même si la mort nous rattrape tous un jour).

Quand on voit cette famille qui se déchire et ces médecins mis en difficulté autour du cas Vincent Lambert, on réalise aussi l’importance que le sujet a, mais également qu’il ne concerne pas que les personnes âgées/gravement malades et que nous pourrions tous être concernés demain.

 

Ainsi donc pendant 15 jours le ministère de la santé et des affaires sociales a décidé de mettre le paquet sur ce sujet. Ça s’inscrit dans la continuité de la loi du 2 février 2016 qui complétait et renforçait la loi Leonetti de 2005.

Je me réjouis de cette véritable initiative de comm’ et de la mise à disposition d’outils clairs et fiables tels que le site internet car c’est un sujet que j’aborde fréquemment avec mes patients. Ou plutôt que mes patients abordent fréquemment avec moi, ce qui demande à la foi d’être au clair soi-même avec ce sujet et de solides connaissances pour répondre à leurs questions. Et Dieu sait que les directives anticipées restent encore très méconnues ou mal comprises y compris de ces personnes pourtant atteintes d’une maladie grave dont certaines en mourront.

Il faut dire ici que jusque là nous étions peu aidés, la rédaction des directives anticipées restait floue pour pas mal de personnes, j’ai souvent dû expliquer qu’écrire “je veux qu’on me débranche” ne suffirait pas voire ne serait pas recevable par les médecins. Mais c’est compliqué pour tout un chacun d’envisager les situations où les directives anticipées seraient nécessaires mais aussi les soins plus ou moins invasifs qui pourraient être mis en oeuvre à cette occasion et donc de prendre le temps de réfléchir et de préciser ses volontés. Et aucun modèle n’existait qui guidait vraiment cette réflexion. C’est chose faite désormais grâce à cette fiche que je trouve VRAIMENT bien faite – c’est rare que je sois aussi ravie d’un document institutionnel – qui explique les enjeux avec précision mais avec beaucoup de douceur, en dédramatisant et sans générer (trop) d’angoisse.

Tout ça aidera, je l’espère, beaucoup de personnes à penser leur fin de vie mais aussi à aborder le sujet avec leur médecin à tout le moins.

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