Une jolie petite histoire

Photo by -5m

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Dans ma boîte à souvenirs professionnels j’ai tout un tas de souvenirs moches. Et notamment tout un tas d’histoires où mes patients, atteints d’un cancer, ont été extrêmement maltraités par leur milieu professionnel … mais non aujourd’hui j’ai envie de vous raconter une jolie histoire alors je vais garder les souvenirs moches pour une autre fois.

(Toutefois pour rappel : ces chiffres du difficile retour à l’emploi après un cancer … surtout quand on n’est pas cadre)

 

Coline a un vilain cancer. Vilain, vilain … vilain. Le genre de cancer dont on ne se débarrasse jamais.

Mais par chance depuis 3 ans, la chimiothérapie orale empêche la progression de la maladie et Coline la supporte très bien et nous ne cessons de nous en féliciter tous régulièrement. Alors quand la sécurité sociale a dit à Coline au bout de 2 ans d’arrêt maladie, qu’ils voulaient la mettre en invalidité, Coline a refusé. Elle voulait reprendre le travail, pas à plein temps mais au moins quelques heures. Elle était sûre de pouvoir.

Son oncologue a fait la moue et a dit “pas maintenant”, son médecin généraliste a fait pareil, le médecin conseil a fait la moue et a dit “on attend encore un peu pour vous mettre en invalidité”.

 

Les mois ont passé … et la sécurité sociale qui ne manque pas de suite dans les idées (parfois), a remis sur la table cette histoire d’invalidité.

Entre temps Coline avait souvent discuté avec ses médecins et finit par entendre ce qu’ils disaient en fait depuis le début, que oui son état de santé était stable … mais précaire, très précaire même en fait, Coline ayant fait quelques belles frayeurs infectieuses, et que lui permettre de reprendre le travail même quelques heures par semaine c’était prendre le risque de dérégler cet état stable mais fragile.

Alors Coline a accepté la mort dans l’âme d’être mise en invalidité avec toute la douleur de ce mot.

 

Elle en a informé son employeur et ses anciennes collègues qu’elle allait toujours voir au moins une fois par mois.

Et son employeur a eu cette réaction magnifique : pas question de la licencier malgré l’invalidité, pas question qu’elle ne soit plus considérée comme l’un de leurs salariés. Parce que tant qu’elle fait partie de leurs effectifs, elle peut toucher son complément de salaire … et éviter de rajouter à la maladie, les problèmes financiers.

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