Ensemble, amusons nous à penser à l’avenir de la cigarette électronique

La cigarette électronique survivra-t-elle au Plan Cancer ? ((c) Sipa)

Hier, François Hollande a présenté les grands axes du 3ème plan Cancer. Ce plan semble vouloir se concentrer sur les inégalités (sociales, géographiques) face au cancer, mais je laisse Shae, si elle le souhaite, rentrer plus dans les détails de ce plan (c’est plus sa partie que la mienne).

Mon attention a surtout été retenue par la partie lutte contre le tabagisme qui serait à l’origine de 30% des décès contre le cancer. Marisol Touraine doit préparer un nouveau plan anti-tabac d’ici l’été. Les Echos évoquent quelques pistes :

  • Augmentation du prix du tabac et abondement d’un fond dédié au cancer avec le produit de cette augmentation
  • Campagne de communication “choc” (un jeune sur deux qui fume régulièrement à 17 ans mourra avant 60 ans)
  • Prise en charge améliorée des substituts nicotiniques

La piste qui m’intrigue le plus est celle concernant les substituts. Quel en sera le périmètre ? S’agira-t-il seulement des gommes ou des patchs ? La cigarette électronique (e-cig) sera-t-elle comprise dans le lot ?

Loin d’être une question saugrenue (sinon je ne la poserais pas voyons), cet arbitrage pourrait être fatal au marché de la e-cig. Posons deux alternatives : la e-cig sera comprise dans les substituts vs elle ne le sera pas.

Si la e-cig rentre dans les stratégies de prévention du plan anti-cancer, il est fort à parier que son basculement du statut de produit de consommation vers celui de produit de santé entrave le développement du marché. Contrôle du prix, inclusion dans le cadre du monopole pharmaceutique, étude d’efficacité, contrôle qualité accrue… Cette décision sifflerait la fin de l’eldorado. Cela mettrait fin à cette ambiguïté autour de la e-cig où l’argument santé “arrêt du tabac” est largement sous entendue par les vendeurs. Il n’y a qu’à écouter les vapoteurs parler de leur “précieux” qui leur a permis d’échapper à l’influence des cigarettiers.

Ce changement de statut permettrait d’inclure réellement la e-cig dans les stratégies thérapeutiques où il me semble qu’elle a toute sa place. Quand vous allez voir un tabacologue, il est dommage qu’il n’intègre pas (ou peu) ce produit dans son arsenal thérapeutique.

Si la e-cig reste un produit de consommation, le relèvement du forfait ne le concernera pas et l’eldorado continuera. Reste à savoir quelle attention portera le législateur sur son sort. Ce n’est un secret pour personne, il n’y a pas que les fumeurs qui sont dépendants de la cigarette, il y a aussi l’Etat (via les taxes attenantes au tabac). Toute baisse de la consommation de cigarettes entraînera une baisse du revenu fiscal qu’il faudra compenser. Le risque de voir les taxes sur la e-cig augmenter est loin d’être neutre (j’entends déjà les cris de désespoir et de colère des vapoteurs) d’autant que, coïncidence fâcheuse, Altria (Marlboro) vient d’annoncer l’acquisition de Green Smoke illustrant l’intérêt croissant pour ce marché qui l’est tout autant.

Que cela soit pour tuer le marché ou pour en profiter comme d’un relai de croissance, maintenant que le loup est dans la bergerie, il faudra rapidement choisir son camp.

Tagged , , , , , , . Bookmark the permalink.

5 Responses to Ensemble, amusons nous à penser à l’avenir de la cigarette électronique

  1. Pingback: Ensemble, amusons nous à penser à...

  2. Shae says:

    Le périmètre des substituts nicotiniques n’est pas franchement précisé dans le plan cancer (la e-cig n’est pas mentionnée mais la liste ne semble pas être exhaustive, et l’avis de la HAS a laissé tout le monde en plan) néanmoins la précision importante c’est que les 150€ remboursés annoncés dans le plan cancer au lieu de 50€ ont eux un périmètre très limité :
    – jeunes entre 20 et 30 ans, (ou)
    – bénéficiaires de la CMU-C, (ou)
    – personnes atteintes d’un cancer.

Un commentaire?